10.08.2007
"La réconciliation,une urgence pour notre société"
34e pèlerinage National de l'Assomption à Lourdes
Mgr Le Gall : "La réconciliation,une urgence pour notre société"L'archevêque de Toulouse, Mgr Robert Le Gall, préside du 11 au 16 août le Pèlerinage National de l'Assomption à Lourdes. Un temps fort pour des milliers de croyants venus de toute la France, placé cette année sous le signe de la réconciliation.
Avec des pèlerins en provenance de toute la France, l'enracinement populaire du Pèlerinage National que vous présidez est confirmé. Quelle place l'Eglise accorde-t-elle à cette forme de piété ?La piété populaire se développe. Outre les grands pèlerinages de Lourdes ou de Saint-Jacques-de-Compostelle, nombre de pèlerinages locaux et régionaux connaissent un renouveau : c'est le cas, par exemple, du Tro Breizh ou des pèlerinages du Pardon en Bretagne. En 2002, le Vatican en prenait acte en publiant un document : Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Benoît XVI lui-même y est très attaché, comme l'ont montré ses déplacements dans les grands sanctuaires mariaux d'Altötting (Allemagne), d'Aparecida (Brésil) et, bientôt, de Mariazell (Autriche). L'année prochaine, le pape se rendra également à Lourdes. Le renouveau de la piété populaire traduit en même temps un désir d'enracinement auquel la mondialisation, source d'angoisses, n'est certainement pas étrangère. Le danger est alors celui du communautarisme et du repli identitaire. Comment écarter ce risque ? Notre rôle de pasteur est d'ajuster cette vitalité en l'attachant à des démarches concrètes : pèlerinages, chants, liturgie... Bref, en proposant la foi. Le christianisme est une religion de la communauté et de l'assemblée, et non de l'isolement. Lourdes, où convergent en permanence des pèlerins de toutes nationalités, symbolise à la perfection l'universalité du message chrétien. Comment comptez-vous aborder, avec les pèlerins, le thème de la « réconciliation » retenu cette année ? Je compte mettre l'accent sur trois aspects essentiels : la réconciliation avec les autres, avec soi-même et avec Dieu. Dans une société déchristianisée, marquée par la prétention humaine à tout maîtriser, il me paraît essentiel de rappeler que c'est Dieu, en nous proposant son pardon, qui fait le premier pas. L'Evangile de Luc nous le dit : c'est parce qu'elle a été pardonnée que la pécheresse aime à son tour (chap. XVII). En partant de Matthieu - « Venez à moi, vous qui peinez sous le fardeau » (chap. XI) -, je traite aussi de la mésestime de soi. Cette attitude répandue n'est ni juste ni vraie et génère beaucoup de souffrance. Selon moi, la clé de toute relation humaine durable tient dans cette phrase : « Soyez doux et humbles de cœur. » Pour y parvenir, au lieu de se mépriser, il faut savoir se reconnaître pécheur et demander de l'aide. Où vous semble-t-il le plus urgent de porter cette parole de réconciliation ? Du conflit israélo-palestinien à l'Irak, l'actualité internationale charrie chaque jour son lot de divisions. Mais notre société, où la famille est menacée dans son unité, n'est pas en reste. J'ai récemment appris que dans l'agglomération toulousaine (700 000 habitants), une famille sur deux est monoparentale ! Bien sûr, une parole de réconciliation est difficile à porter dans des situations douloureuses de divorce ou de séparation. Il ne faut cependant pas y renoncer. L'humilité est-elle une marque du moine bénédictin que vous avez été durant trente-huit ans ? La règle de saint Benoît (480-547) consacre à l'humilité son chapitre le plus long. Saint Benoît y définit une échelle de douze degrés qui donne l'impression que le moine, peu à peu, s'enfonce. En réalité, au terme de cette progression, quelle libération, quelle ineffable douceur d'amour ! L'humilité n'est pas quelque chose qui nous rabougrit. Etre doux et humble de cœur n'est pas non plus être mièvre. Que l'on se réfère à l'attitude de Jésus à l'égard de Judas ! Propos recueillis par Samuel Lieven. Pèlerin n°6506. Le saviez-vous ? Le Pèlerinage National rassemble à Lourdes depuis 1872, des pèlerins venus de toutes les régions de France. Il est animé par la Congrégation des Pères Assomptionnistes et la famille de l’Assomption et organisé sous l’égide de l’Association Notre-Dame de Salut. L’Hospitalité Notre-Dame de Salut veille à l’accueil de l’ensemble des pèlerins et tout particulièrement des personnes malades et handicapées. > voir le site officiel Avec plus de 1.000 personnes malades ou handicapées, 3.500 hospitaliers venus les entourer et 3.000 pèlerins arrivés de partout, c’est au total plus de 8 000 pèlerins qui s’acheminent vers Lourdes le 11 août en train, en cars ou par leurs propres moyens. Les inscriptions des pèlerins, valides, malades et hospitaliers, s’effectuent par le biais de 26 comités régionaux situés dans les principales villes de France. > Le magazine Pèlerin est né le 12 juillet 1873, directement de l’apostolat des pèlerinages. > lire "Il était une fois Pèlerin" |
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Avec des pèlerins en provenance de toute la France, l'enracinement populaire du Pèlerinage National que vous présidez est confirmé. Quelle place l'Eglise accorde-t-elle à cette forme de piété ?
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